Reformes de la politique monétaire et de change : effets sur l’inflation et la croissance de l’activité en République Démocratique du Congo
Résumé
Cet article a pour objectif d’évaluer les effets des réformes de la politique monétaire et de change sur l’activité économique depuis 2002 en République démocratique du Congo. En effet, dans le cadre du programme convenu avec les institutions de Bretton Woods, les autorités gouvernementales et la Banque centrale du Congo ont décidé de l’adoption du principe de flexibilité et de positivité du taux d’intérêt réel directeur et le retour au régime des changes flottants après la parenthèse de l’administration du taux de change entre novembre 1996 et mai 2001. Dans ce cadre, il s’est imposé la nécessité de doter les banques de nouvelles réglementations prudentielles. Celles-ci sont réputées ajuster le système bancaire et financier, principal canal de transmission de la politique monétaire et de change, au nouveau contexte induit par lesdites réformes. L’estimation du modèle autorégressif à retard échelonnés (ARDL) a permis d’évaluer l’impact de réformes de la politique monétaire sur la croissance économique au cours de la période de 1990 à 2020.
Les résultats suggèrent qu’à court terme, l’accroissement de la masse monétaire a un effet positif et significatif sur le PIB. Par contre, une politique monétaire restrictive qui consiste à la variation du taux d’intérêt directeur et du taux de change impactent négativement et significativement sur l’activité économique. De même, l’inflation impacte négativement mais faiblement la croissance économique de court terme. En revanche, l’estimation de la relation de long terme révèle que le taux d’intérêt directeur proxy de la politique monétaire, le taux de change et l’inflation impactent négativement mais de manière significative sur la dynamique de la croissance économique à longue période.
Mots clés :
Réformes, politique monétaire, croissance économique, RDC.
Classification JEL : C22, E52, O47, N17.
Abstract
This article aims to assess the effects of monetary and exchange rate policy reforms on economic activity in the Democratic Republic of the Congo since 2002. Under the program agreed upon with the Bretton Woods institutions, government authorities and the Central Bank of the Congo decided to adopt a policy of flexible and positive real interest rates and to return to floating exchange rate regime, following a period of administered exchange rates between November 1996 and May 2001. This shift necessitated the introduction of new prudential regulations for banks. These regulations were designed to align the banking and financial system – the primary transmission channel for monetary and exchange rate policy – with the new environment created by the reforms. An autoregressive lag model (ARDL) made it possible to assess the impact of monetary policy reforms on economic growth during the period from 1990 to 2020. The results suggest that in the short term, the increase in the money supply has a positive and significant effect on GDP. On the other hand, a restrictive monetary policy which consists of variations in the interest and the exchange rate has a negative and significant impact on economic activity. Likewise, inflation has a negative but weak impact on short-term economic growth. On the other hand, the estimation of the long-term relationship reveals that the key interest rate proxy for monetary policy, the exchange rate and inflation have a negative but significant impact on the dynamics of long-term economic growth.
Keywords:
Reforms, monetary policy, economic growth, DRC.
JEL Classification : C22, E52, O47, N17